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Gérer la culpabilité après une ivg : pistes pour se réconcilier avec soi-même et reconstruire son équilibre émotionnel

Gérer la culpabilité après une ivg : pistes pour se réconcilier avec soi-même et reconstruire son équilibre émotionnel

Gérer la culpabilité après une ivg : pistes pour se réconcilier avec soi-même et reconstruire son équilibre émotionnel

La culpabilité après une IVG est un sujet dont on parle peu, ou alors de façon très caricaturale. Certaines femmes témoignent d’un énorme soulagement, d’autres d’une tristesse diffuse, d’autres encore se sentent « coincées » dans des pensées du type : « J’ai fait quelque chose de mal », « Je n’ai pas le droit d’aller bien ». Beaucoup se reconnaissent un peu dans tout ça à la fois.

L’objectif de cet article n’est pas de vous dire comment vous « devriez » vous sentir, mais de vous donner des repères pour comprendre ce qui se passe en vous, et des pistes concrètes pour apaiser la culpabilité, retrouver un peu de douceur envers vous-même et reconstruire votre équilibre émotionnel, à votre rythme.

Comprendre la culpabilité après une IVG

La première étape pour aller mieux, c’est de savoir de quoi on parle. La « culpabilité » n’est pas un bloc unique. On mélange souvent plusieurs choses :

Vous pouvez ressentir une seule de ces émotions, plusieurs, ou aucune. Ne pas se sentir coupable ne veut pas dire être « insensible ». Se sentir très coupable ne veut pas dire que l’on a forcément « mal agi ». Ce sont des émotions, pas des verdicts judiciaires.

Plusieurs facteurs augmentent la probabilité de ressentir de la culpabilité après une IVG :

Il y a aussi un élément très concret qu’on néglige souvent : les hormones. Après une IVG, même très tôt, votre corps doit s’adapter très vite à l’arrêt de la grossesse. Cette chute hormonale peut accentuer les émotions, comme après un accouchement. On peut pleurer facilement, se sentir à fleur de peau, alors même qu’on est sûre de sa décision.

Ce que disent les études sur le vécu psychologique

On entend souvent : « Tu vas le regretter toute ta vie » ou, au contraire, « Tu verras, tu oublieras vite ». La réalité est plus nuancée.

Les grandes études menées dans plusieurs pays (notamment ce qu’on appelle l’« Turnaway Study » aux États-Unis, et les recommandations de l’OMS et de la Haute Autorité de Santé en France) montrent plusieurs points importants :

Cela ne veut pas dire que votre souffrance, si vous en avez, est « exagérée » ou « dans votre tête ». Cela veut dire que :

Ce que vous ressentez est le résultat de votre histoire, de vos valeurs, de votre contexte de vie. Pas un test de votre valeur en tant que personne.

Mettre des mots sur ce que vous ressentez

Quand on est prise par la culpabilité, la première tentation, c’est souvent de se taire. « Si j’en parle, je vais m’effondrer », « Personne ne peut comprendre ». Le problème, c’est que le silence laisse les pensées tourner en boucle.

Mettre des mots, c’est déjà reprendre un peu de pouvoir. Cela peut se faire de plusieurs façons :

Quelques questions qui peuvent aider à clarifier ce que vous ressentez :

Vous pouvez aussi essayer de distinguer ce qui vient de vous et ce qui vient des autres. Par exemple :

Cette simple séparation peut déjà alléger un peu la culpabilité, parce qu’on voit mieux quelles phrases dans notre tête sont vraiment les nôtres… et lesquelles ont été « déposées » là par des années de discours extérieurs.

Se réconcilier avec sa décision

Se réconcilier avec soi-même après une IVG, ce n’est pas forcément arriver à « ne plus jamais douter ». L’objectif réaliste, c’est plutôt :

Un exercice simple consiste à vous imaginer face à une amie très proche qui aurait vécu exactement la même histoire que vous. Elle vous raconte sa situation, son contexte, les raisons de sa décision.

Posez-vous ces questions :

Souvent, les mots que nous aurions naturellement pour une amie sont beaucoup plus justes et plus doux que ceux que nous utilisons pour nous-mêmes. Vous pouvez les écrire, puis les relire en remplaçant son prénom par le vôtre.

Se réconcilier avec sa décision, c’est aussi remettre les choses dans leur contexte :

Votre décision n’a pas été prise dans un laboratoire parfait. Elle l’a été dans la vraie vie, avec des délais, des peurs, des responsabilités. Se le rappeler est une façon de reconnaître votre humanité, pas de vous accabler.

Apaiser la culpabilité au quotidien

Une émotion ne disparaît pas juste parce qu’on a compris d’où elle vient. Il faut souvent l’accompagner dans le temps, avec des gestes concrets. Voici quelques pistes, à adapter selon ce qui vous parle le plus.

Créer de petits rituels de douceur pour vous

Limiter les sources de pression

Utiliser des phrases « anti-auto-flagellation »

Vous pouvez choisir une ou deux phrases à vous répéter quand la culpabilité monte, par exemple :

Ce ne sont pas des formules magiques, mais répétées régulièrement, elles peuvent peu à peu contrebalancer la petite voix intérieure très dure.

Donner un sens personnel à ce que vous avez vécu

Certaines femmes trouvent apaisant de marquer symboliquement ce passage, par exemple :

Il n’y a aucune obligation de faire un rituel. Mais si vous en ressentez l’envie, il peut vous aider à refermer doucement un chapitre, sans l’effacer.

Entourage : s’entourer des bonnes personnes

La façon dont l’entourage réagit joue un rôle important dans la culpabilité.

Cas fréquents :

Si vous le pouvez, identifiez une ou deux personnes avec qui vous vous sentez suffisamment en sécurité. Vous pouvez leur dire clairement ce dont vous avez besoin :

Si une personne se montre blessante ou moralisatrice, même sans le vouloir, vous avez le droit de poser des limites :

Concernant le partenaire, il arrive souvent qu’il ou elle ne vive pas les choses au même rythme. Par exemple :

N’hésitez pas à verbaliser simplement :

Quand et où demander de l’aide professionnelle

Demander de l’aide ne veut pas dire que vous « ne gérez pas » ou que vous êtes « faible ». Cela veut dire que vous prenez au sérieux ce que vous ressentez et que vous vous donnez des moyens concrets d’aller mieux.

Il peut être utile de chercher un soutien professionnel si, plusieurs semaines après l’IVG :

En France, plusieurs ressources existent :

Vous pouvez simplement dire : « J’ai eu une IVG il y a X temps, et j’ai du mal à gérer ce que je ressens. J’aurais besoin d’en parler. » C’est suffisant pour commencer.

Si vous souhaitez une nouvelle grossesse plus tard

La culpabilité après une IVG prend parfois la forme d’une peur très forte pour l’avenir :

Sur le plan médical, les recommandations des autorités de santé sont claires : une IVG réalisée dans de bonnes conditions n’a pas d’impact sur la fertilité future. Que l’IVG soit médicamenteuse ou par aspiration instrumentale, les risques de complications graves sont faibles, et les complications qui pourraient affecter la fertilité (infection sévère non traitée, par exemple) sont rares et surveillées.

Si vous avez un doute, vous pouvez :

Le fait d’avoir vécu une IVG peut aussi influencer la façon dont on envisage une future grossesse :

Là encore, en parler en amont, avec une professionnelle, peut vous aider à apprivoiser ces peurs. Une future grossesse ne « remplacera » pas ce que vous avez vécu, mais elle pourra s’inscrire dans une autre histoire, à un autre moment de votre vie, avec d’autres ressources.

À retenir pour avancer pas à pas

Pour finir, voici quelques idées essentielles à garder en tête lorsque la culpabilité se fait lourde :

Vous n’êtes pas seule, même si votre entourage ne sait pas toujours comment en parler. Votre histoire ne se résume pas à cette IVG, et vous avez le droit, vraiment, de chercher des chemins pour vous apaiser et vous réconcilier avec vous-même.

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