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Clauses de conscience des médecins : comment ne pas en faire un obstacle à l’ivg et quelles solutions pour les patientes

Clauses de conscience des médecins : comment ne pas en faire un obstacle à l’ivg et quelles solutions pour les patientes

Clauses de conscience des médecins : comment ne pas en faire un obstacle à l’ivg et quelles solutions pour les patientes

Clause de conscience : de quoi parle-t-on exactement ?

En France, tout médecin a ce qu’on appelle une clause de conscience générale : il peut refuser un acte médical, s’il estime qu’il va contre ses convictions personnelles ou professionnelles.

Depuis longtemps, il existe en plus une clause de conscience spécifique pour l’IVG. Elle est inscrite dans le Code de la santé publique (article L2212-8). Elle dit deux choses importantes :

Autrement dit, le médecin a le droit de dire « Je ne pratique pas d’IVG », mais il n’a pas le droit de vous laisser sans solution. La liberté de conscience des soignant·es ne doit pas empêcher l’accès aux soins.

Depuis mars 2024, le droit à l’IVG est inscrit dans la Constitution française. Cela ne supprime pas la clause de conscience, mais cela renforce clairement le message : une grossesse peut être interrompue légalement, et l’organisation du système de santé doit rendre ce droit effectif.

Ce que dit la loi sur l’IVG face à un refus

Pour comprendre à quoi sert (et ne sert pas) la clause de conscience, il faut rappeler quelques repères concrets :

Ce qui est interdit, en revanche :

Tout cela sort du cadre de la clause de conscience. On n’est plus dans une conviction personnelle respectée par la loi, mais dans un obstacle à un droit.

Comment la clause de conscience devient un obstacle sur le terrain

En théorie, la clause de conscience ne devrait jamais empêcher une femme d’accéder à l’IVG dans les délais. En pratique, plusieurs situations compliquent les choses :

Tout cela a une conséquence très concrète : on perd du temps. Or, les délais sont serrés. Plus on attend, plus certaines méthodes d’IVG ne sont plus possibles, et plus il est difficile de trouver une équipe disponible.

C’est là que connaître vos droits et les ressources autour de vous peut tout changer.

Face à un refus : comment réagir, étape par étape

Si un médecin ou une sage-femme vous dit qu’il ou elle ne pratique pas l’IVG, voici ce que vous pouvez faire très concrètement.

1. Clarifier ce qui est dit

Sur le moment, on peut être déstabilisée. N’hésitez pas à poser une phrase très directe :

Cela permet de distinguer deux situations différentes :

2. Demander une orientation précise

Le texte de loi est clair : en cas de refus, le médecin a l’obligation de vous orienter. Vous pouvez donc dire :

Si la personne reste vague : « Voyez avec l’hôpital », n’hésitez pas à insister pour obtenir un nom de service ou de structure précise.

3. Ne pas rester avec un seul avis

En parallèle, vous pouvez solliciter directement :

Un outil utile : le numéro vert national sexualités, contraception, IVG (0 800 08 11 11, appel anonyme et gratuit), qui peut vous orienter vers des services près de chez vous.

4. Utiliser la téléconsultation quand c’est possible

Pour une IVG médicamenteuse précoce, la téléconsultation a été développée, notamment pendant et après la crise Covid. Selon les périodes et les textes en vigueur, elle est plus ou moins encadrée, mais elle reste une piste à explorer si vous habitez loin d’un centre IVG.

Des médecins et sages-femmes proposent des consultations à distance, avec délivrance des médicaments en pharmacie. Là encore, le Planning Familial, les CPEF ou le numéro vert peuvent vous aider à trouver un·e professionnel·le.

5. En cas d’urgence de délai

Si vous approchez de la limite légale (12 semaines de grossesse), ne perdez pas de temps :

Votre dossier sera pris au sérieux, d’autant plus que le droit à l’IVG est maintenant protégé au niveau constitutionnel.

Qu’en est-il des pharmaciens et de la clause de conscience ?

C’est une question qui revient souvent. En France, à ce jour, il n’existe pas de clause de conscience spécifique pour les pharmaciens concernant l’IVG médicamenteuse ou la contraception d’urgence.

Concrètement, cela signifie :

En pratique, des refus existent encore : « Je ne vends pas ce genre de produits », « Je ne cautionne pas l’avortement ». Ces refus sont contraires aux règles professionnelles.

Face à un refus en pharmacie, vous pouvez :

L’objectif n’est pas de vous lancer dans un combat juridique sur le moment, mais de ne pas perdre de temps et de garder en tête que vous êtes dans votre droit.

Comment se préparer pour limiter les obstacles

On ne contrôle pas l’attitude des professionnel·les, mais on peut se préparer pour gagner du temps et se sentir un peu plus armée.

Avant de prendre le premier rendez-vous, vous pouvez :

Pendant le rendez-vous, quelques phrases utiles :

Vous avez également le droit de venir accompagnée si cela vous rassure, même pour un simple rendez-vous d’information.

Et l’accompagnement psychologique dans tout ça ?

La clause de conscience est souvent présentée comme un sujet technique et juridique, mais sur le plan émotionnel, elle peut laisser des traces. Se faire refuser un acte médical important, surtout dans un moment de vulnérabilité, n’est jamais neutre.

Quelques réalités fréquentes :

Si c’est votre cas, rappelez-vous quelques repères simples :

Pour cela, vous pouvez :

L’objectif n’est pas de « convaincre » dans un sens ou dans l’autre, mais d’avoir un espace pour poser vos questions, vos doutes, vos émotions sans que cela retarde ou bloque l’accès à l’IVG si vous la souhaitez.

Ce qu’il est utile de garder en tête

La clause de conscience des médecins et des sages-femmes ne va probablement pas disparaître du jour au lendemain. En France, elle est ancienne, et elle s’inscrit dans une vision de la liberté de chaque soignant.

Mais avec l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution, le message devient plus net :

Pour que la clause de conscience ne devienne pas un mur, trois leviers restent essentiels :

Si vous êtes actuellement en plein parcours et que vous avez rencontré un refus, retenez surtout ceci : votre demande d’IVG est légitime, la loi est de votre côté, et il existe toujours des professionnel·les prêts à vous accompagner avec respect.

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